G-J7N786NPNL Campagne-ma-compagne

Campagne ma compagne
(Sept sonnets en hommage à Lichepain, Mont-Carmel)

-I-

Ses odeurs et ses grands silences
Ses couleurs candeurs et splendeurs
Ses espaces verts de bienveillance
Ont écarté toutes mes peurs

Ses champs blancs, ses airs d’espérance
Ses chants, ses vents et ses ardeurs
La fragrance de toutes ses fleurs
Ont endormi de mes souffrances

Cette fabuleuse petite campagne
Est devenue avec le temps
Ma merveilleuse jolie compagne

Non ce n’est plus comme au bagne
Corps raide oreilles molles et en rang
La vie paisible à la campagne

-II-

Sa musique et ses concertos
Ses symphonies ses adagios
Me chatouillent l’ouϊe et le tympan
M’éveillent les sens de mon vivant

Écouter l’œuvre jusqu’au finale
Au cœur de l’âme c’est un régal
Comme pour Ravel ou Vivaldi
Pachelbel ou Paganini

Dans ma jolie petite campagne
J’y ai capté bien des moments
Et j’y ai bu bien du champagne

De bière aussi j’ai soif souvent
De liberté c’est inspirant
La quiétude c’est la campagne

-III-

Ses vents au loin m’attisent tout l’temps
Ses gens, ses champs m’attirent vraiment
Dès l’aube jusqu’au crépuscule
De plans puissants du pédoncule

Mœurs habitudes et quotidien
J’étudie encore Prométhée
Verlaine Rimbaud et Le Titien
Parfois je vois madame Massé

J’y ai vécu de ces instants
Auprès de ma jolie compagne
J’y ai saisi quelqu’ornement…

Des histoires j’en ai entendues
Celles du village ou bien du rang
De ces secrets bien ‘’entendus’’

-IV-

Sous la pluie ou dans le brouillard
Elle prend son charme poétique
Oh! Ce n’est jamais ‘’chaotique’’
Le soleil luit pour le clochard

Prières, cantiques et requiem
Font d’elle un bel endroit magique
Ne fond-elle pas à chaque ‘’je t’aime’’ ?
C’est ce qui fait qu’elle est unique

J’ai pris racine à la campagne
J’écris des rimes tout en marchant
Étoiles, odeurs, couleurs aidant

J’aime la vie à la campagne
J’ai soif de terre et d’eau bien fraîche
J’ai faim de vie et de bonnes pêches

-V-

Les cloches en sol le train en mi
Le vent du nord le pain bien frais
Les chœurs chantant pour les amis
Pour la vie, l’amour et la paix

Maubèches des champs, grands hérons bleus
Volent au-dessus de ma cabane
Dotée de portes diaphanes
Amerrissent tous en étangs vieux

Dans les hautes terres de Mont-Carmel
En l’occurrence au sixième rang
J’y vis amoureux et fidèle

De ces grandes terres bonnes comme le ciel
Jaillissent à chaque nouveau printemps
Avoine et orge abondamment

-VI-

De mes oiseaux d’mauvais augures
Est né un homme de liberté
Qui fait d’peinture et d’écriture
Une poésie à partager

Dans le silence de l’atelier
Ou recueilli dans le jardin
Je veux pouvoir même seul parler
Avec quiconque créer des liens

Par les couleurs de mes peintures
Ou dans les formes de mes sculptures
Je veux parler de vie d’amour

Dans les écrits de mes poèmes
Avec mes mots de bohémien
Je veux crier partout que j’aime…

-VII-

Que j’aime la vie, l’amour ma blonde
Ce doux pays fleuve à la ronde
Les vaches errantes et toutes puissantes
Et les rivières ruisselantes

Que j’aime le vent, la poésie
Le romantisme jusqu’à la lie
Et ma campagne devenue compagne
Oui jusqu’au lit elle m’accompagne

Je veux que tous mangions du pain
Pour que l’on puisse tous les matins
Voir le soleil, refaire le plein

Je veux que tous comme à Lichepain
Soyons heureux comme des gamins
Mangions la neige avec nos mains

Raynald Légaré


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